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Montreux Jazz Festival - Le premier week-end

Montreux Jazz Festival, Montreux (CH), du 2 au 17 juillet 2010


REVIEW Il y avait vraiment de quoi voir à Montreux en seulement trois jours. Autant dans le cadre du festival Off que dans les salles payantes. Des casse-têtes par moments, l’envie de pouvoir se dédoubler ou une frustration grandissante à l’idée des concerts manqués. La tête d’affiche du weekend fut incontestablement The Dead Weather. N’ayant pas assisté à leur prestation, je m’abstiendrai donc d’en parler mais les échos disent que ce fut très réussi. Alisson Mosshart est la bête de scène que l’on sait. Mais revenons à nos moutons.

 

 


 

Le premier grand coup de cœur fut Beach House le vendredi 2 juillet. Le prix de l’ambiance n’était certes pas à attribuer au public du Miles Davis, néanmoins Victoria Legrand et Alex Scally assurent un spectacle sans faute. Les fourrures blanches sur scène restent de la partie (voir review du concert à l’Abart) et le duo de Baltimore se révèle sous son 31, tout de noir vêtu. On retiendra surtout un "Zebra" fabuleux, un "Gila" toujours aussi beau et un "10 Mile Stereo" resplendissant, gardé à nouveau pour clore leur venue. Pas de rappel mais leur univers onirique aura préparé à merveille le terrain pour Air. On s’avoue un peu ennuyé au début par ces derniers mais là est la force du duo français le plus branché : la progressivité. Les visuels très nineties (les mauvais clips et visuels de l’époque vous voyez ?) s’accordent parfaitement à leur musique et les habits se font blancs cette fois. Il semblerait que la salle ait également accueilli des fans enragés, scandant des mots d’amour à tout va. Un medley tout à fait maîtrisé nous sera servi. Le nouvel album bien sûr (LOVE 2), mais aussi ceux de la période daftpunkienne ou les gros tubes "Sexy Boy",  "Playground Love" et "Kelly Watch The Stars". Malgré un J-B Dunkel toujours aussi prétentieux, son habileté aux deux claviers joués en fait certainement une belle relève de Jean-Michel Jarre. Même s’ils énervent parfois, il faut le reconnaître : ils sont très forts ! Un décollage tout doux, pour finir en apothéose. Et en plus cela relève pour eux du jeu d’enfant.

 

 

 

 

Le samedi 3 juillet n’accueille pas seulement The Black Box Revelation ou Jack White (photo avec les Dead Weather) et sa nouvelle bande mais également Midlake (photo Muriel Rochat) et Fanfarlo au Montreux Jazz Café. Les Texans de Midlake débarquent avec leur style très folk, dignes d’une compétition de la plus grande barbe de trois (mois ?) jours. Blague à part, ils desservent un concert plein de classe avec, bien sûr, un large accent sur leur dernier opus THE COURAGE OF OTHERS. Beau mais peinant à captiver entièrement. Peut-être est-ce dû à un volume sonore bien trop élevé, peut-être aussi aimerait-on les voir dans des cadres encore plus intimistes. Petite déception donc mais sans grand impact sur notre respect à leur égard. Suivent les Londoniens de Fanfarlo qui, pour leur part, charment avec aisance. Leur touchante modestie contraste avec ce talent grandissant. Une jeunesse et une musique fraîche et réjouissante. Que dire sinon les accabler de louanges. Un "Ghosts" prenant tout son sens sur scène et de nouveaux titres prédisant un changement de cap musical délicieux : On se réjouit de les écouter prochainement au Paléo une nouvelle fois. Dimanche 5 juillet enfin. Charlotte Gainsbourg paraît grandiose mais nous la verrons seulement sur l’écran du Sea Food. Le but de ce soir étant de voir si We Are Enfant Terrible assurent autant sur scène que sur Myspace. Réponse ? Oh que non ! A part le batteur, qui malgré des airs psychopathes, possède une maîtrise incontestée, les deux autres membres peinent à offrir autre chose que du stéréotype à la pelle. Leurs morceaux feront certainement décoller les amateurs de Gossip Girl et autre jeunesse dorée venus en masse ce soir-là. Quant à nous, ils parviendront à nous faire fuir avec une rapidité encore jamais vue dans cette salle. Le massacre valant la peine d’être effacé de la mémoire collective. Faut-il souligner que non, nous ne sommes pas revenus voir Uffie ?


Ecrit par Nevena Puljic - Le 6 juillet 2010


 


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